Depuis fin février, les tensions militaires au Moyen-Orient ont provoqué le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Ce passage maritime, c'est celui par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié — dont la quasi-totalité des exportations du Qatar, premier fournisseur de l'Europe en GNL.

Le prix du gaz sur les marchés européens a flambé de 45 % en seulement deux semaines, passant de 26 €/MWh fin février à plus de 65 €/MWh début mars — un niveau inédit depuis janvier 2023. The Times of Israel

Ce chiffre ne vous parle peut-être pas. La suite, si.


Ce qui va changer sur votre facture, et quand

Le mécanisme est simple : les prix du marché de gros ne se répercutent pas immédiatement sur votre facture. Il y a un décalage technique d'environ deux mois.

En avril, le prix repère de la CRE recule même légèrement de 2,1 %. Mais cette accalmie est un mirage : elle reflète les cours de janvier, avant la crise. Le choc de mai sera d'autant plus brutal. Franceinfo

D'après Roland Lescure, interrogé par Le Parisien début mars, environ 7 millions de foyers peuvent être directement affectés par la variabilité du prix du marché — soit 60 % des abonnés français. CNEWS Ce sont ceux dont le contrat est indexé sur le prix repère de la CRE. Si vous ne savez pas dans quelle catégorie vous êtes, vérifiez votre dernière facture : elle mentionne clairement « prix indexé » ou « prix fixe ».

Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a confirmé sur RMC que la hausse se situera « dans cette zone-là » de 15 % pour les ménages concernés. Middle East Eye Et les projections des spécialistes vont encore plus loin : selon Selectra, qui applique la méthodologie officielle de la CRE, la facture annuelle d'un foyer type chauffé au gaz pourrait passer de 1 529 € à 1 739 €, soit 210 € supplémentaires absorbés en un seul mois de calendrier. Franceinfo


Pourquoi le gaz ne va pas « redescendre » comme avant

Depuis 2021, vous avez vécu plusieurs flambées. À chaque fois, une même logique : une crise, une hausse, puis un retour à la normale. Cette fois, les signaux pointent vers quelque chose de plus durable.

La hausse annoncée ne doit pas être perçue comme un pic isolé, mais comme le début d'une nouvelle phase d'augmentation, à la fois progressive et durable. RTS

Le marché l'a déjà intégré : les contrats à terme pour 2027 ont augmenté de 48,6 % — signe que les marchés n'anticipent pas un retour rapide à la normale. The Times of Israel

Et les fournisseurs eux-mêmes envoient un signal fort : Mint Energie a suspendu ses souscriptions gaz, Octopus Energy a retiré ses remises et Ohm Energie a mis fin à ses offres à prix bloqué — autant de signes que le secteur anticipe une hausse durable. FinancialContent


Que faire concrètement ?

Cette semaine — sans dépense :

Vérifiez votre type de contrat. Si vous êtes en offre indexée, le changement de fournisseur est gratuit et immédiat, sans coupure de gaz. Le Médiateur national de l'énergie invite les consommateurs à vérifier le taux de litiges d'un fournisseur avant de s'engager. Bloomberg

Ce printemps — quelques centaines d'euros :

Avant de penser travaux lourds, il existe des gestes qui réduisent la consommation sans tout chambouler : thermostat programmable, calorifugeage des tuyaux dans les espaces non chauffés (garage, cave), purge des radiateurs. Ces interventions simples peuvent diminuer votre consommation de 10 à 15 %.

Avant l'automne — la vraie solution de fond :

La pompe à chaleur air-eau remplace votre chaudière gaz en produisant 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommé. Et bonne nouvelle : la présidente de la CRE a confirmé que la hausse du gaz n'aura pas d'effet sur le prix de l'électricité en France, grâce au parc nucléaire qui tourne à plein et à la production renouvelable qui couvre la demande. Middle East Eye

Le photovoltaïque en autoconsommation va encore plus loin : vous produisez votre propre électricité, vous alimentez votre PAC, et vous vous fixez un coût de l'énergie stable pour 25 ans — indépendant des marchés du Golfe et des tensions géopolitiques.

Les deux solutions sont cumulables, et MaPrimeRénov' 2026 finance encore une part significative de ces installations selon vos revenus. La fenêtre pour agir dans de bonnes conditions, avant que les carnets des installateurs sérieux ne se remplissent, c'est maintenant.


Le chiffre à retenir

Le ministre de l'Économie Roland Lescure l'a dit clairement : « l'impact de la crise pourrait être ressenti sur les factures énergétiques à partir du 1er mai ». Al Jazeera Ce n'est pas une catastrophe si vous agissez. C'est un signal d'alarme si vous attendez.


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